- 2006 -
Fondé en 1962 par Roland Stragliati, de la revue Fiction, pour récompenser « un ouvrage oublié, d’inspiration insolite ou fantastique », le prix Nocturne a été remis trois fois : à Léo Perutz en 1962 (pour Le Marquis de Bolibar (1)), Bruno Schulz en 1963 (pour Le Traité des mannequins) et Hugues Rebell en 1966 (Les Nuits chaudes du Cap français). Le jury était une sorte de société secrète, fonctionnant dans l'ombre et remettant son prix dans les circonstances les plus mystérieuses
(On murmure cependant que Jean Ray, Paulhan et Caillois n'y étaient pas étrangers).

Traducteur (notamment de l'italien), préfacier, anthologiste, Stragliati était le maître d'oeuvre de grandes anthologies dela SF et du Fantastique.
Quarante ans après sa dernière proclamation, Attila le ressuscite. Chaque année, au moix de novembre, enterrant la saison des prix, un septuor de conjurés triés sur le volet choisit parmi sept "soleils noirs de la littérature", épuisés depuis belle lurette, un livre remarquable par son style, l'originalité de sa conception, et l'oubli dans lequel a sombré son auteur.
Destinés à hanter vos jours et vos nuits, les titres proposés méritent tous d’être réédités. Le lauréat du prix 2006, Gog, de Giovanni Papini, devrait être réédité à la fin de l'année à l'enseigne du Nouvel Attila.
(1) Voici ce que la NRF écrivait en août 1962, à propos du premier lauréat : "Si par le cheminement silencieux de cette œuvre, le mystérieux fantôme de Léo Perutz a décidé de venir hanter la littérature et de faire découvrir en lui une sorte de Borges inconnu, il est bien capable d'y parvenir. Le Marquis de Bolibar devrait aisément trouer l'oubli et le temps."
Désoccultation du prix Nocturne
(Samedi 26 novembre 2005 à Minuit, à la librairie Va l'heur, 27 rue Rodier, IXe)
Quarante ans après sa dernière proclamation (à la librairie La Mandragore), Attila ressuscite le prix Nocturne.
Porté par les mânes de Gaston Leroux, le jury se sera auparavant réuni au restaurant "Le Fauteuil hanté", 106, rue Lepic, avant de se dissiper dans la nuit montmartroise avec des airs de comploteurs. Le nom du lauréat du Prix Nocturne 2006 sera annoncé au treizième coup de Minuit, et l'assistance pourra déjà réserver son exemplaire du Prix, première cuvée des éditions attilesques.
Les sept titres en lice pour le Prix Nocturne 2006, Soleils noirs de la littérature destinés à consumer vos jours et vos nuits, sont :
Marc Agapit, La Nuit du Minotaure, 1965
Jean-Pierre Attal, Trois récits ("Monsieur X", "La Masse" & "Le Rêve d'un oiseau"), 1965
Jean Duperray, Harengs frits au sang, 1954
Maurice Fourré, La Marraine du sel, 1955
Anna Kavan, Neige, 1967, trad. (de l'anglais) 1975
Régis Messac, La Cité des asphyxiés, 1939
Giovanni Papini, Gog, 1931, trad. (de l'italien) 1932
Composition du jury :
Jean-Luc Buard (rédacteur en chef du Rocambole, la revue des Amis du Roman Populaire)
Eric Dussert (préfacier d’anthologie, rédacteur au Matricule des Anges et à La Main de singe)
Gisela Kaufmann (de la librairie allemande Buchladen, 3, rue Burq, XVIIIe)
Joëlle Losfeld (éditrice)
Patrick Reumaux (traducteur, notamment de Flann O’Brien, Mervyn Peake et T.E.Powys)
Pierre Senges (écrivain, auteur de Ruines de Rome et de La Réfutation majeure)
Pacôme Thiellement (exégète, de la revue Spectre)
"En 1932, quelques amateurs de littérature étrange ou fantastique, qui se nommaient
Roger Caillois, Jean-Louis Bouquet, Jean Ray, Robert Margerit et Thomas Owen, plus quelques autres dont j'étais,
se prirent de passion pour Le Marquis de Bolibar et lui décernèrent le prix Nocturne, fondé à cette occasion..."
(Roland Stragliati)